Dernière modification le 02/01/2012 à 17h08

Rendons à César ce qui est à César, et au pape Grégoire ce qui lui revient de plein droit : ils ont brisé la dynamique de l'année antique. Qui nous rendra le calendrier naturel des anciens TuathaVoir page?
D'aucuns jugent que des mots comme primaire ou primitif peuvent exprimer du mépris. Pourtant, le meilleur, c'est souvent le début. Une première, c'est le top, le prime time, c'est le top aussi. Etre le premier, ça le fait. Le printemps n'est-il pas la meilleure saison ? Printemps, premier temps. En Italien Prima Vera, qu'on retrouve chez nous dans la primevère, première fleur du printemps. La ronde des saisons est une métaphore de la vie : enfance, jeunesse, maturité, vieillesse. Or il semble bien que dans notre société contemporaine, le printemps soit porté aux nues.
On pourrait continuer sur ce mode et ça ne vous étonnerait pas plus que ça. Tellement on est habitué à l'absurde,Voir Le renard sans pattes dans L'enseignement soufi on finit par trouver ça normal. Vous ne voyez pas ? Attention, relisez bien, il y a un piège… Le jour de l'an ne fait pas le printemps ! Quand on vous dit que le printemps est la première saison, vous oubliez illico la date de la saint Sylvestre. Le mois de janvier, pour vous, c'est le printemps ? Bé non, c'est l'hiver. Pourtant le début de l'année, c'est bien le printemps, comme son nom l'indique.

Voici la clé du mystère. Jadis, à Rome, l'année commençait en mars. La meilleure preuve, c'est le mois de septembre, qui veut dire septième, et qui est maintenantDu verbe maintenir, tenir avec la main. Main tenant, maintenant… Le mot, tellement usuel, s'est usé. On oublie les mots qui se cachent derrière les mots. le neuvième mois. Et octobre, qui veut dire huit, est notre dixième mois. Novembre, neuf, notre onzième mois. Et décembre, dix, est l'actuel douzième mois. D'où, pour l'année romaine : janvier, onze, et février, douze. Février, dernier mois de l'année, est plus court que les autres, pour faire le compte des 365 jours, et on lui ajoute un jour tous les quatre ans, pour récupérer le fameux quart de jour qui manque à chaque année légale.
Donc l'année d'antanCelle des Gaulois, ou des Tuatha par exemple commençait le 1er mars. L'éveil de la nature, l'orée de la vie, c'était assurément le moment le plus naturel pour débuter l'année. Tout aurait pu continuer ainsi, sans Jules César et son coup de folie. En -46, Jules César donne à l'année 365 jours et 12 mois. Il la fait débuter le 1er janvier et prévoit des années bissextiles. Puis à la Renaissance, le pape Grégoire XIII modifie deux-trois bricoles, mais garde le jour de l'an le 1er janvier. C'est donc à César et à GrégoireAttention, la distance temporelle qui sépare ces deux-là est peut-êttre illusoire. Voir page que nous devons l'ineptieCelle des papes est légendaire. Voyez La face cachée de Jésus de commencer l'année en plein hiver. Avec quatre noms de mois qui sont faux…

A ce propos, on raconte une curieuse anecdote où le Diable avait passé un pacte avec un chrétien qui s'était engagé, en échange de la fortune, à lui céder son âme en un certain jour, et en nul autre, et ce jour était le 5 octobre 1582. Au jour dit, quand le Diable se présenta chez le chrétien pour encaisser son dû, le prétendu damné lui répondit : "Erreur, Messire Satan ! Demandez plutôt à ces frères, qui doivent dire la vérité" et les frères lais répondirent à Satan :
"Ce jour d'hui est le 15 octobre de l'an de grâce -on peut le dire- 1582, par décision de sa sainteté Grégoire XIII qui vient de réformer le calendrier julien." C'était vrai. Le calendrier venait de faire un saut de dix jours pour remettre en place l'équinoxe de printemps, malmenée par la faute de Jules César. Une fois encore, le Diable en fut pour ses frais. (source) La chose est habituelle dans les contes médiévaux, Satan est sans cesse berné par les hommes. Sans doute parce qu'il n'est pas un si mauvais diableVoir Ange ou démon ? qu'on le dit.

Les hommes n'ont besoin de personne pour échafauder des projets diaboliques. Si je vous parle ici de l'année romaine, c'est aussi pour souligner une incongruité. En -50, César bidouille le calendrier qui déraille. Très bien. Et 14 siècles plus tard, Grégoire apporte une mini rectif ? Il leur a fallu tout ce temps-là, aux astronomes, pour calculer ce chouia ? J'ai comme un doute. Tous ces siècles ont l'air d'un costume trop grand pour l'histoire. Ici, vraiment, le temps n'est pas ce qu'on croit... Voir page