Niveau 1 : La loi d'oubli

L'homme sauvage

Dernière modification le 02/01/2012 à 16h30

En Amazonie, les Yanomamis comptent parmi les plus types humains de la planète.

 

Beaucoup de traces subsistent encoreVoir Mondes disparus des civilisations qui ont précédé la nôtre. Vestiges de monuments, ruines immergées,Voir Mystérieuse Mù traditions et mythes tout autour du globe. Pour comprendre la mentalité de ces temps enfuis, nous avons mieux que des traces : des lignées vivantes.

 

Chef papou en tenue traditionnelle Dans les dernières jungles préservées par le bulldozer, les populations dites primitives  profitent des derniers instants de liberté que leur accordent les mutants sur leurs machines. Ce sont les Indios d'Amazonie,Voir Ayahuasca les Bushmen d'Afrique du sud, les Tongouzes de Sibérie, les Papous de Nouvelle-Guinée, les Inuits de l'Arctique ou les Aborigènes d'Australie.Voir La puissance du Rêve Ils sont en sursis, nul ne sait pour combien de temps encore, alors que leur mode de vie n'avait pas changé depuis des millénaires.


Habitants d'Irian JayaMaintenant que nous  avons salopé leurs coutumes et leur habitat, il serait temps de les apprécier pour ce qu'ils sont : les derniers des hommes libres. La langue de bois politiquement correcte qui sévit voudrait bannir le mot "primitif" jugé dévalorisant. Et si c'était le contraire ? Il y a trois siècles, J.J. Rousseau affirme que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le corrompt. Cette thèse est restée célèbre sous le nom de mythe du bon sauvage.

 

Jeune Aborigène   peint par son père.

 

Aborigène d'Australie avec son digjeridoo, instrument chamanique"Ab origines"  signifie en latin "dès l'origine". Les aborigènes ou abos sont ceux des origines. D'ordinaire, on réserve ce terme aux natifs des terres australes. Les abos d'Australie représentent une des plus anciennes lignées humaines qui est restée inchangée depuis 10.000 ans, donc peu après le déluge. Coureurs de pistes, ils pratiquent un puissant chamanismeVoir La puissance du Rêve et le culte de l'unité avec la terre et le cosmos. Chaque geste de leur vie quotidienne est pénétré de respect pour la Terre,  notre mère sacrée.Lisez Pieds nus sur la terre sacrée

 

Bruce Chatwin, l'homme aux semelles de ventPour rencontrer de vrais abos croqués sur le vif dans un vrai journal de voyage, on lira avec profit Marlo Morgan et son initiationRéelle ou imaginaire? Lisez Croire sans y croire auprès de ces êtres d'exception. Ou mieux encore, on dévorera Le Chant des pistes de Bruce Chatwin,Né à Sheffield (UK) en 1940, mort à Nice (F) en 1989, Bruce Chatwin était un voyageur, un conteur et un amateur d'insolite. Il a laissé une petite dizaine de livres, tirés de ses nombreux voyages, qui font le portrait d'un artiste précis, documenté et délicieusement dilettante. Une citation : "L'écriture semble la meilleure occupation pour un être aussi inutile que moi". Vous l'adorerez. un voyage magique à la frontière de la vie sauvage et de la déglingue, dans un des plus beaux livres qui soient. Des chamanes déjantés chantent leur chemin dans le désert, des guerriers de l'arc-en-ciel font surgir la Terre du Rêve…Voir Le Temps du Rêve

 

Ce jeune chasseur-cueilleur Omo d'Ethiopie a le corps peint à l'argile pour séduire les filles. Il fait le beau sans bouger pour les attirer vers lui...


Bushman du KalahariLe désert du Kalahari en Afrique du Sud, est l'un des plus arides du globe. Jusqu'à une époque récente, il abritait une population authentiquement primitive, les Bochimans ou Bushmen. "Les Bochimans n'ont adopté ni l'agriculture, ni l'élevage ; ils vivent de chasse, de cueillette et de ramassage comme avant le Néolithique. Pour cette raison, ils disparaissent en tant que groupe, sous la pression des hommes aux techniques plus avancées qui les entourent." (source)Encyclopedia universalis

 

Le tourisme, c'est le déplacement des imbéciles (Pierre Daninos)Surtout depuis qu'un film à succès leur a été consacré, Les Dieux sont tombés sur la tête. Les Dieux, ou les touristes ? "Le tourisme, c'est le déplacement des imbéciles" écrivait Pierre Daninos au début du siècle dernier. Visionnaire. A l'époque, le tourisme se limitait aux plages de l'Hexagone plus celles de la Costa Brava. Gilbert Trigano n'avait pas encore développé son Club Med ni Jacques Maillot ses Nouvelles Frontières. Avant eux, les lointains voyages étaient l'affaire des missionnaires. Ou des explorateurs.

 

Bushman du Kalahari

 

Eux, ils n'ont pas oublié le prix à payer pour devenir des dieux

"Je hais les voyages et les explorateurs", c'est ainsi que débute le plus célèbre livre de Claude Lévi-Strauss,Voir Idées noires Parce que voyager, c'est toujours exporter nos valeurs, quitte à détruire celles des autres. A l'évidence, les primitifs ne vivent plus dans l'âge d'or. Car s'ils sont beaucoup plus proches de la natureVoir Pieds nus sur la terre sacrée que les civilisés, n'oublions pas qu'ils sont au Kali YugaLe dernier âge, l'âge de fer, le plus dur. Voyez Eden 2, le retour comme nous. D'ailleurs qui peut encore croire que l'âge d'or fut celui du bon sauvage ?

 

Cette jeune Omo d'Ethiopie se maquille avec de l'ocre et de l'argile pour plaire aux garçons...Dès l'âge de bronze,Lisez "L'âge de bronze" en cliquant sur la touche > en bas d'écran on trouve des traces de développement technique, et plus encore à l'âge d'Argent. Plus on remonte dans le temps, plus les indices technologiquesVoir Technologies des dieux sont manifestes. Du coup, nos primitifs actuels sont plutôt des rescapés d'un cataclysme, retournés, contraints et forcés, à l'état de nature. Ces pseudo-primitifs sont des "seconditifs". Et nous des "tiercitifs". Ou bien plus que ça. Ils ont le syndrome de Mad Max.Lisez L'effet Mad Max Retour à la nature, solidarité tribale et prise en charge des faibles par la collectivité.

 

Nos ancêtres étaient-ils d'anciens civilisés retournés à la barbarie ? Mais pas d'impôts, pas d'état central, pas de lois, pas de forces de l'ordre. C'est leur choix, mûrement pesé, en accord avec la mémoire de leurs gènes. Ils n'ont pas oublié. Tandis que nous sommes frappés d'amnésie sur nos origines, les "primitifs" se souviennent que le développement conduit à l'esclavage. Ils savent que pour offrir une haute technologie et un luxe tapageur à une caste de privilégiés, appelons-les des dieux, de nombreux pauvres triment à l'usine.

 

Signe extérieur de divinité

 

Ça, une   existence de rêve ? Mon cul ! (Paris Hilton nue peinte en or pour une   pub)Pas fous, les Papous. Ils préfèrent rester libres. Ils ne veulent pas entrer dans notre moule, ils ne veulent pas se transformer en grenouilles-baromètres, en chiens de garde, en écureuils tourne-roues, en boeufs de labours ou en singes savants.  Pendant que les riches, les dieux, les géants profitent d'une existence de rêve en payant des psys pour exorciser leurs cauchemars intimes. Sans succès notable, la plupart du temps. Jusqu'au jour où les "dieux" feront tout péter.

 

Ce qui nous ramènera à la case départ : tous des primitifs. Hélas, dans notre petit monde, même le printemps n'est plus le premier temps…Lisez "L'année romaine" en cliquant sur la touche + ci-dessous

 

A toutes les époques, il y a des primitifs et des civilisés. La preuve, cette brochette de girls ne sort pas du Crazy Horse, mais de la jungle d'Amazonie.

 

"Si vous saviez combien de fois la fin du mondeVoir La fin des âges nous a frôlés" Elles, elles le savent.

 

Guerriers  Masaïs dans le Parc National d'Amboseli, Kenya. Photo Patrick de Wilde.  www.nouvellesimages.fr/De quoi les peuples premiers sont-ils les témoins ? Sans doute, les Pré-diluviens,  scientifiques de pointe,Voir La science atlante pétris de hautes technologiesVoir technologie des dieux, n'ont qu'un lointain rapport avec les Papous, les Indios ou les Masaïs. Et pourtant un lien les unit qui s'est rompu entre eux et nous. Le chamanisme.Voir La voie du chamane Le Temps du Rêve.Voir La puissance du Rêve Cette puissance de l'espritVoir Voyage en alpha qui se manifeste, identique, chez tous les peuples premiers, tant qu'ils n'ont été privés ni de leurs racines ni de leurs lieux de pouvoirs.

 

Regardez-les passer, eux, ce sont les sauvages Ils vont tout leur désir le veut par desuus monts  Et plaine et mer et vent et loin des esclavages  L'air qu'ils boivent ferait éclater vos poumonsIl y a des animaux sauvages et des animaux domestiques. Entre une oie sauvage et une oie domestique, il n'y a pas photo. Les oies sauvages sont les oiseaux qui montent le plus près du soleil. Dans leurs vols migratoires, certaines d'entre elles volent par desuus le Toit du monde, l'Himalaya. Les oies domestiques ne volent pas, elles se dandinent en tortillant du croupion.  Pour les hommes, c'est pareil. Les Bushmen, les Masaïs ou les Abos sont de magnifiques sauvages. Des hommes entiers. Proches de leur mère la terre.

 

Berger masaï. Auteur inconnu.

 

Ils ont tout ce que nous n'avons plus, nous autres, les domestiques.

 

Il est libre Max         Y   en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler

 

Mère Terre première, vois ce qu'ils ont fait de tes enfants...